26.02.10

Permalien 16:06:00 par Nico M, Catégories: News , Tags: 10km, christine, record, st-armel

A la St-Armel, cours de plus bel

C’est en hommage à la femme du président que nous avions décidé de nous faire la Ste Armelle. Comme nous savions que nous allions en territoire difficile ou peu d’hommes n’ont osé mettre le pied, nous avions formé un groupe de braves motivés pour l’ouvrage. Nous étions là pour suer, nous le savions comme nous savions aussi qu’il faudrait soigner le dernier coup de rein mais l’important était que tout le monde, finalement, prenne du plaisir.

Un groupe de braves, disais-je. Et que les meilleurs ! Philou en leader emblématique, Anthony en chien fou, Christophe et Cécile en amoureux, moi en gros de la troupe et Frankie ben … en Frankie, quoi !

Tout de suite, l’inspection des forces en présence a montré que nous étions au top : 2 ont passé leur samedi à couper du bois et 2 ont tué leur soirée à noyer leurs performances dans du liquide non recommandable pour des athlètes de ce niveau. C’est sur, le “dernier truc que j’ai mangé, c’est une cacahuète à l’apéro” ne trompe pas : Il va falloir soigner l’hygiène de vie (et corporelle, par la même occasion). Cependant, par décence, je ne citerais pas de nom car j’ai trop de respect pour les barbus et les tatoués.

A noter que ce ceux les mêmes aussi qui ont failli faire demi-tour quand le speaker a annoncé qu’il n’y aurait pas de lot souvenir. Ah, je vous jure, l’esprit de compétition, c’est plus ce que c’était …

Finis les people, place à la course ! Le départ a lieu dans un petit coin bucolique plein de charme, c’est à dire au milieu de la zone industrielle de St-Armel (si, il y a de l’activité à St-Armel) ou les 500 coureurs ont pris la direction de la grande ligne droite longeant la voie rapide sur plus d’un kilomètre. C’est dire si le parcours est champêtre. Pour les accrocs à la topologie, on va dire que c’est 1.2km de faux-plats. Ensuite, on tourne à droite, une descente, une montée et hop, à nouveau à droite pour une nouvelle ligne droite de 1.2 km, plate celle-ci. Les plus perspicaces d’entre vous noteront qu’on vient de faire un demi-tour. Bravo à eux !

A ce moment là, du CR, y’a pas à dire, c’est long et peu palpitant. Ca tombe bien, car à ce moment là de la course, c’était pareil.

Et justement, en parlant de sensations, Bruno, oh mon coach vénérable et vénéré, m’avait donné comme consignes de faire les 3 premiers kilos à 5′15. Pas de chance, je venais de faire les 2 premiers à 5′ … Mais que voulez-vous, j’étais si bien (être bien dans la douleur, ce n’est pas la définition du masochisme ?). Bref, il me restait moins d’un kilo pour trouver quelque chose afin de revenir dans la normale et ainsi éviter l’ire du tout puissant.

Les idées se bousculaient dans ma tête : je pouvais dire que les premiers kilos étaient en descente et le vent dans le dos, je pouvais m’arrêter 45″ pour être au bon timing au 3eme kilo ou alors raconter que j’étais parfaitement en phase avec les consignes mais que des aliens m’ont embarqués pour faire des expériences sur mon corps (musclé, grrr) et qu’après ils ont fait un bon dans le passé pour me déposer ni vu ni connu mais que ces neuneus s’étaient planté d’une demi-minute !

Je sentais que je tenais là quelque chose. Et c’est en regardant mon chrono que j’ai eu le flash ultime : j’étais à + de 6′ ! Ceci signifiait, donc, que le marquage au sol était aléatoire ! J’avais, donc, mon excuse pour mes temps, aléatoires eux aussi. Joie, ô joie, j’éviterais, donc, la bastonnade le mardi suivant…

Joie de courte durée cependant car un petit raidillon vint me titiller le bout du mollet. Ainsi se fit l’entrée dans le bourg de St-Armel. J’en eu le souffle coupé. Littéralement. Heureusement, Christine était là pour me tirer …

Pardon ? Christine ? Je ne vous ai pas parlé de Christine ? Autant pour moi.

Au bout du 1er kilo, pour ne pas perdre mon rythme et garder ma motivation intacte, je me mets dans la roue de quelqu’un. Bon, ça aurait pu être le gros Roger mais là, c’était Christine, comme quoi le hasard …

Christine et moi, donc, traversions le bourg à vive allure faisant fi des raidillons (3 au total) jusqu’à revenir au point de départ pour une seconde boucle. Par la même occasion, on a du passer devant la camionnette du speaker et là, comme à chaque fois, c’est le drame…

Petit rappel des évènements pour ceux qui viennent de nous rejoindre : je viens de faire 2 kms compliqués qui viennent de me latter les pattes (comme on dit au foot) et je viens juste de terminer la première boucle, c’est à dire que je dois faire encore faire le même parcours une seconde fois. Pour résumer, si mon moral avait été un légume, il aurait été un navet : au fond du trou !

Et c’est à ce moment là que le speaker dans sa grande générosité nous lance un “bon, les premiers sont passés à 15′, là, nous sommes à 25′ mais chacun court à rythme, chacun se fait plaisir” ! Autant dire que c’était le coup de massue qui a fait déborder le vase… Par pur réflexe, je sors un “va crever", normal. C’est alors que Christine, qui est la bonté réincarnée avec un short, me rassure : “non, pas tout de suite, il reste un tour” !

OK, Christine, finissons ce tour que j’aille lui botter les fesses …

Plus facile à dire qu’à faire car rapidement le faux-plat se transforme en vraie difficulté et la longue ligne droite ne fait rien pour arranger les choses. Puis le virage. Puis la petite montée. Là, je sens ma Christine faiblir. Je me mets face à mes responsabilités (qui sont dos au vent) et je me dis que c’est le moment : C’est mon devoir, je dois tirer Christine !

Je passe devant et, hop, me voila fier comme un coq fendant l’air et avalant les kilomètres. Bon, par contre, les femmes d’aujourd’hui ne tiennent plus la distance car il n’a pas fallu 500 mètres avant que Christine tombe à genoux, épuisée.

C’est ainsi que je me retrouvais seul au coude à coude avec mon destin et comme un malheur n’arrive jamais seul, voilà Mario qui me double. Maudit 8ème kilomètre. L’avantage, par contre, c’est que je me suis trouvé des talents de schizophrène. J’ai ainsi pu assister à des conversations entre moi et moi-même :
” - Bon ok, tu te ménages sur ce raidillon, mais je te préviens, tu accélère une fois la haut !
- Ok, ok, pfff, qu’est-ce que t’es lourd…”

C’est triste mais c’est vrai… Et c’est sur ce constat et avec la bave aux lèvres que j’attaquais le dernier kilomètre. Un coup d’œil au chrono : il y a un truc à faire. Allez zou, je jette mes dernières forces dans la bataille et je me mets à accélérer. Bon, objectivement, je ne pense pas que j’ai changé quoi que ce soit à mon allure mais l’important était que mon cerveau y croit. Tout se joue dans la tête …

C’est ainsi que haletant, courant de manière désordonné (chaque membre semblait vouloir faire ce qu’il voulait ou pouvait), l’œil vide et l’esprit divagant ("Christiiiiiiiiiiiiiine, t’es ou Christiiiiiiiiiiiiiiiiiine ???"), j’essayai de mettre fin à mes souffrances. Pas après pas. Mètre après mètre. Goutte de sueur après goutte de sueur. Chaque mouvement était une étape supplémentaire dans la délivrance, mais aussi un nouveau coup de poignard dans mon corps déjà ravagé. On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions, mais est-il borné et mesuré ? Dernière vision d’horreur : Mario, seulement à quelques (centaines de) mètres devant moi. Tu as encore gagné une bataille, Mario, mais la guerre n’est pas finie !

Puis la ligne d’arrivée vint à moi (oui, c’est comme le prophète et la montagne, ça marche pareil). Anthony m’accueille avec un grand sourire et l’air frais comme un gardon (il faudra que je pense à vérifier s’il a réellement couru). Comme j’aime ces petits échanges instantanés et naturels à la fin des courses :
” - Bravo, Nico ! C’a a été ?
- Han, han, pfff, craaaaah, pfiou, ouaip, han, han, pfff, pfff, super ! Prahhhhh, putain de bordel, pfff, et toi ?
- Ouaip, j’ai battu mon record !
- (subitement, j’ai comme une envie de meurtre, je ne sais pas ce qui me retient, l’épuisement, peut-être) Han, han, ouuuuuuuuuuuuuuuuuuh, pffffff, Félicitations, pffff, bordel de merde, craaaaah, bravo ! Peuh, peuh, peuuuuuuuuuuh, pffff …”

C’est beau comme du Ronsard.

Le temps de reprendre des forces en avalant la moitié d’un quatre-quarts, je repars fièrement espérant croiser Cécile et la soutenir comme il se doit pour la fin de son premier 10. Évidemment, le temps que je sorte, elle était déjà arrivée. Il m’aura fallu un bon quart d’heure pour m’en rendre compte (quand on a la poisse, on a la poisse).

Cependant, dans mon malheur, j’ai eu l’immense honneur de voir un spécimen rarissime d’escargot-garou. Mi-homme, mi-escargot, l’escargot garou participe à certaines courses à pied dans le but de … euh … Enfin, bref, il est là et, curieusement il n’y a personne autour de lui. Cette étrange bête, qui défie toutes les lois de la nature et doit donner des sueurs froides à Darwin même dans sa tombe, hérite du gastropode, en plus de sa vitesse de croisière, la faculté de produire du mucus sur, sous et derrière lui. Enfin, surtout sur lui. J’enrageais de ne pas avoir mon appareil photo sur moi, c’est sur le National Geographic doit tuer pour avoir ce genre de clichés !

Toujours dans la zoologie, je retourne voir mes camarades de courses pour faire un bilan. Philou : 37′20. Facile. Un peu long comme échauffement, mais je pense qu’il était prêt pour une petite série de fractionnés. Anthony : 38′. Record battu. C’est décidé, j’arrête les pâtes et me met aux cacahuètes. Frankie : … ! Frankie, quelle déception ! Frankie, mon Frankie, voilà le résultat. Tu fais des excès et c’est la débandade ! 44′ ! Soit à une minute de ton record. Frankie, c’est quoi ce bordel, bordel ? Moi, quand je ne suis pas en forme, je fais 10′ de plus que mon record, je dépasse l’heure, je vomis, tout ça … Mais toi, mon Frankie, tu ne fais qu’une pauvre petite minute de plus ! Comment t’as trop raté ta défaite …

Ensuite, Christophe : 42′ Putain, il court vite Charles Ingals ! Je pense qu’en plus des cacahuètes, je vais faire un stage de bucherons… S’il faut passer par là ! Puis Moi : 51′. Record égalé. Sobre, modeste, efficace. Enfin, Cécile, 54′ pour son premier 10km, c’est plutôt impressionnant. A mon avis, elle a du voir l’escargot garou et, donc, paniquer et chercher la fuite !

Christine, elle, a fait 52′. Même si elle était un peu déçue, elle avait toujours le sourire (en plus, elle a gagné un lot au tirage au sort). Sacrée Christine …

Et voila, encore une de courue. Prochain rendez-vous : Thorigné la course qui est toujours en montée malgré que ce soit une boucle … Mais ce sera un autre CR !

07.02.10

Permalien 22:22:44 par Nico M, Catégories: News , Tags: 10km, cesson, colloque, fc, marathon

Mon colloc' est fréquemment cardiaque

Ce samedi avait lieu à Cesson, un colloque sur l’ « entrainement et planification du 10km à l’ultra-trail » composé de tests le matin et d’interventions l’après-midi, en particulier de notre Charlie national.

C’était, donc, toute une armée de coureurs qui avait investit le stade de Cesson en ce samedi matin afin de mesurer ce qu’il y avait à mesurer… J’étais personnellement venu pour faire un test par paliers parce que le test par paliers, c’est important, même si ça, je ne le savais pas encore le samedi matin. J’y retrouvais, évidemment, tous le gratin de la course à pied tant chez les entraineurs (Charlie, Bruno, Thierry) que chez les coureurs (Patrice, Laurent, Frédéric) que chez les inclassables (Romu).

A noter ma déception de ne voir Frédéric que sur la piste et non pas dans les intervenants de l’après-midi. Il aurait pourtant été facile de rajouter un sujet, surtout si celui-ci est « La méthode Tartivel ou l’importance de la non-hygiène de vie dans la compétition». Frédéric, tu resteras un précurseur incompris …

Revenons à nos coureurs. On aurait pu croire à un joyeux foutoir mais pas du tout… La piste était divisée en 3 parties : l’intérieur pour les testeurs de VMA, le milieu pour les testeurs de FC et l’extérieur pour les testeurs de l’extrême … à vélo. Inutile de dire que dans cette catégorie on a retrouvé Bruno, Thierry et Romu.

Le test VMA fut de loin le plus sexy. En effet, ils avaient droit à une bande sonore pour les motiver. Un peu comme en boite de nuit… Mais une boite de nuit fauchée paumée en pleine RDA. Bref, sur cette bande son, un présentateur neurasthénique laissait des consignes puis listait les seuils les uns après les autres avec un ton qui aurait refroidies les hardeuses les plus hot. Le tout ponctué, bien sur, par des bips ou des tuts tiré des meilleurs beats des DJ d’Ibiza.

Le test par paliers fut beaucoup plus calme. D’abord les consignes de Charlie : « Vous me cassez les c****, déjà un coureur c’est chiant alors 100 ». Puis la dynamique de groupe : « - ben vas-y, pars ! – Quoi ? Maintenant ? Tout seul ? - Ben oui, maintenant !!! ». Enfin, l’entraide entre coureurs : « - Restez pas sur la piste pour l’échauffement ! – Je ne m’échauffe pas, je fais le test…. – Ah, pardon !».

Je fus surpris par l’intensité et la durée du test. Autant le VAMEVAL, c’est on vient, on court et on s’en va, le tout torché en 15 minutes, autant le test par palier, ben, ce n’est pas ça … Pour votre culture générale, vous trouverez ci-dessous un petit explicatif (qui peut être replacé aisément au cours d’un repas chez mémé), ne me remerciez pas, c’est cadeau !

Le test par paliers consiste à mesurer des temps (et d’en déduire la vitesse) en augmentant progressivement la FC de l’athlète. Le protocole est le suivant : on part en allure footing (70% de la VMA) sur 1000m pour stabiliser la FC (on va dire 140bpm pour l’exemple). Arrivé au terme de la distance, on bip le cardio. S’ensuivent 200m pour monter de 5 pulses, soit 145bpm pour l’exemple et ceux qui suivent. Là, il faut encore bipper le cardio (pas trop fort quand même) et c’est parti pour 1000 nouveaux mètres à 145bpm. Ainsi de suite, on augmente de 5 pulses jusqu’à « plus soif » selon Charlie, « ce que mort s’ensuive » selon les coureurs, « ce qu’il n’y ait plus personne sur la piste » selon moi. De toute façon, depuis le départ, je n’avais pas soif … Du coup, ça m’a pris une heure pour arriver au dernier palier (180bpm, pour mes fans, j’ai bien essayé d’atteindre le 185 mais j’ai rapidement compris que le 185 ne voulait pas de moi) et 10 bons kilomètres. Comme on dit chez nous, ce n’est pas un test de gonzesses !

Ensuite, on donne le cardio à un entraineur qui débippe les chiffres et on attend l’après-midi pour en savoir plus.

Mais on n’attend pas bêtement : on en profite pour prendre une douche (facultatif) et grignoter un petit quelque chose. Personnellement, c’était du jambon fumé avec des pommes de terre noisettes (vous savez, les petites boules surgelés qui ressemblent à des testicules de yéti) et de la salade. Vous ajoutez un yaourt en dessert et vous avez là un repas parfaitement équilibré (oui, les pommes de terre noisettes sont des féculents, peu le savent). Mais arrêtons de parler de moi … Un petit café et zou, c’est parti pour les présentations !

Le rendez-vous avait lieu dans la petite salle en face de la piscine de Cesson. Ambiance rustique, chaises de cantine, gens en survêtement, le ton est donné, nous ne sommes pas à un congrès d’astrophysique ! Juste le temps que Bruno fasse une démonstration de technique informatique pointue et le show pouvait commencer…

Je tiens à préciser que j’étais placé entre Romu, Bruno, Thierry et monsieur-qui-entraine-les-3000m-c’est-dire-si-il-rigole pas. Bref, je ne faisais pas le malin tant ça envoyait du lourd !

Premier intervenant : Christian Delerue, 3eme Dan, expert HS. HS, c’est pour Hors Service. C’est-à-dire qu’il entraine les coureurs qui sont tout cassés comme Pierrot ou Tango, par exemple.

Christian, je vais l’appeler Christian, va nous présenter l’usage de la FC à l’entrainement. Rapidement, on m’explique que c’est lui qui a inventé le test par paliers et que, par conséquent, c’est pas la moitié d’un Mickey. A partir de maintenant, c’est donc M. Christian et si jamais je dois le croiser, on me prévient de ne jamais le regarder droit dans les yeux si je veux garder mon intégrité physique.

Dès le départ et les premiers slides de M. Christian, on comprend que l’intervention est sponsorisée par Polar et que Garmin, c’est mal. J’ai un Polar, ouf, j’ai droit à un répit.

Tout d’abord, M. Christian nous fait un bref historique de la FC (ou il nous expliqua que les dinosaures ne mesuraient pas leur FC et que, du coup, ils ont tous disparus) puis nous conseille un livre : Le guide du cardiofréquencemètre : De la théorie à la pratique de François Carré (Auteur), Thierry Laporte (Auteur), Georges Cazorla (Préface).

Le bouquin

Ensuite, M. Christian explique le protocole du test (je ne reviens pas dessus) et nous montre le résultat par l’analyse des données. Grosso modo, les infos débippées du cardio, une fois mises sous Excel, doivent former une droite de la catégorie linéaire. Tout point qui n’est pas sur la droite est une faiblesse de l’athlète qu’il devra travailler (en plus de l’entrainement habituel, bien sur, genre sur ses heures de loisirs). Certains devront travailler les FC basses, d’autres les FC hautes.

L’athlète parfait a lui tous ses points parfaitement alignés dans une discipline quasi-militaire. Suite à l’analyse de mon propre test, je peux affirmer sans crainte que je suis l’archétype de l’anti-athlète …

Autre chose, le GPS est l’ennemi du coureur et que si vous en avez un, c’est mal. Vous devez vous en débarrasser le plus rapidement possible. NB : Le GPS peut être utile pour caler une table ou un meuble bas.

Enfin, M. Christian a montré les outils de l’entraineur pour faire rentrer les points de l’athlète dans le rang : VMA, allures, souffrance physique, humiliation … J’en tremble encore !

Fin de l’intervention. Charlie entre en scène sur une ovation du publique ! Il annonce le show : Le Marathon : sa vie, son œuvre. La foule est en délire…

Comme M. Christian, Charlie nous fait un bref historique et nous rappelle que l’histoire du grec qui s’effondre n’est qu’une légende et que le Marathon a été inventé par les anglais. Soit.

Ensuite, Charlie nous familiarise avec le vocabulaire des entraineurs. D’abord, il nous explique que « coach » est une dérivation du mot « cochet ». Si, si. A partir de maintenant, ne dites plus « coach Bruno » mais « Bruno le cochet », merci. Ensuite, ca devient plus technique. On apprend que « faignasse » désigne un athlète qui n’a pas atteint son objectif en compétition, « hamster » est un coureur qui tourne autour de la piste, « vieux con » est un athlète vétéran qui a court à une FC trop élevé et « jeune con » est un athlète non-vétéran qui évolue a une FC non conforme. Notez ces termes, vous pouvez les retrouver dans la littérature technique.

Puis Charlie nous pose les bases de l’entrainement Marathon à la FC avec des exemples concrets. A ce sujet, il a beaucoup cité Francky : Francky par ci, Francky par là, Francky fait le Marathon en 2h12 les doigts dans le nez, Francky a un plan d’entrainement au pulse près, les gens copient les courbes de Francky sur le net, etc … Bon, personnellement, Francky, je le croise toutes les semaines à l’entrainement et honnêtement, y’a pas de quoi en faire un plat … Un peu mytho, la dessus, le Charlie !

Mais on sent que le gaillard est callé. Surtout quand il nous explique la mécanique du cœur et que les athlètes trop rapides font « pfiou-pfiou » avec leur pompe à vélo et ça, c’est mal. Il approfondi que c’est en courant lentement qu’on muscle le cœur de façon efficace ! J’ai tout de suite sentit que cette remarque m’était adressée personnellement car NON je ne cours pas lentement, je me muscle le cœur ! Ca calme…

Charlie a souligné aussi un truc que tous les athlètes doivent savoir. Si dans vos courbes de FC vous avez des pics négatifs, c’est tout simplement du à des extrasystoles ventriculaires (ESV). Bon si les ESV sont monomorphes, c’est pas trop grave vous n’aurez qu’à subir les enfants qui vous jettent des cailloux dans la rue. Cependant, si vous avez des ESV polymorphes, c’est que ça sent la fin et qu’il vaut mieux consulter (un plombier, un psy ou un marabout). C’est noté ?

Juste avant l’entracte, un type du premier rang demande la différence entre le VAMEVAL et le test par paliers. La dessus, Charlie le regarde, prend son souffle et d’un ton glacé lui répond « tu vois, je ne vais même pas te répondre ». Beau comme du Tarantino. Du coup, c’est Bruno qui s’y colle et qui lui dit que grosso modo, le VAMEVAL c’est de la crotte de biquette et que ça sert à rien. Il s’en est suivi une course-poursuite entre Bruno et les 50 gus qui ont payé 5€ pour faire le test le matin même…

Charlie nous a encore montré ses talents show-man en simulant une pseudo-fin d’intervention masquant en fait un entracte permettant à l’assemblée de souffler, avant de reprendre sur la deuxième partie de son exposé dédiée au marathon du Mont St Michel.

Grossièrement, il dit que le Mont St Michel, c’est le mal incarné, qu’il a été conçu par le diable lui-même et, qu’en plus, c’est tout pourri. Vous voilà prévenus. Maintenant si vous faites le marathon du Mont avec un GPS garmin et votre pompe à vélo qui fait « pfiou-pfiou », c’est que vous êtes l’antéchrist en personne !

Enfin, Charlie conclus sur les rapports entre l’entraineur et son athlète et précise que le top, c’est quand le coach paie des bouffes à ses athlètes. J’ai vu que Bruno avait noté la remarque…

C’est là que j’ai capitulé car j’ai vite sentit que l’ultra-trail ce n’était pas mon truc (et puis quand on voit la tête à Tango, ça donne pas envie). En plus Bruno me confie que l’intervenant est encore plus fort que Denis et ça, c’est au-delà de ce que mon imagination peut supporter.

En tout cas, c’était chouette et, du coup, j’ai noté suffisamment de trucs pour poser des questions à Bruno jusqu’à la fin de la saison ! Elle n’est pas belle la vie ?

19.01.10

Permalien 22:30:47 par Nico M, Catégories: News , Tags: 2010, courses, hiver, programme

Les courses de l'hiver 2010

OK les gars, on a bien rigolé : on a eu des cadeaux à Noël, on a mangé de la dinde et du chocolat, on a bu (trop) de la bulle, on a fait les malins avec des ballons et Anne-Claire s’est qualifiée pour les prochains JO.

Mais maintenant, il est temps de reprendre les choses sérieuses !

Voici le calendrier des courses hivernales, idéales pour préparer le marathon (c’est le cas de le dire, ah ah) des courses du printemps !

24/01/2010 - Betton - Tout Betton Court 10 km
31/01/2010 - Betton - Bretagne de Cross FFA
14/02/2010 - La Chapelle-aux-Filtzméens - Foulées Filtzméennes 10km
28/02/2010 - Thorigné-Fouillard - 15km
07/03/2010 - Bourgbarré - Course Nature de Bourgbarré 13,6km
20/03/2010 - Bains-sur-Oust - Trail des 3 chapelles
28/03/2010 - Rennes - 10km de Rennes ASPTT

Je vous l’accorde, c’est pas super sexy comme programme (en plus, il fait froid et il pleut). Mais positivons :

- Tout Betton Court : Grosse course du coin. En plus, y’aura Ingrid (Betton court)
- Les mondiaux du cross : Histoire de voir le coach patauger dans la boue
- Foulées Filtzméennes : Quitte à se pourrir la St Valentin, autant faire une course
- Thorigné-Fouillard : Ce sera l’occasion de boire l’apéro chez qui-vous-savez
- 10km de Rennes ASPTT : C’est méga sponsorisé par Sobhi ! Ca sent le gros bon de réduction !

Par contre, déception : on n’a pas de nouvelles des 10km de Cesson ! Aïe :-(

Voili, voilo.

Et comme, ami lecteur, tu es plutôt habile de tes doigts, tu pourras en apprendre plus ici : http://www.yanoo.net/index.php?load=recherche

Sur ce, bon entrainement.

PS : tout le monde doit s’en tamponner le coquillard avec une pince de homard, mais je serais surement aux Foulées Filtzméennes et à Thorigné-Fouillard ! Viendez, plus on est de fous, plus on rit …

15.01.10

Permalien 21:47:48 par Nico M, Catégories: News , Tags: 2009, bruno, coach

Bruno Rageau élu meilleur coach de l'année

Bruno Rageau élu meilleur coach de l’année.

Auteur d’une saison étincelante avec l’AS CAP SII et la JA Melesse, Bruno Rageau vient de remporter un nouveau trophée. En effet, il vient d’être élu meilleur coach de culs de jattes et assimilés de l’année.

Une distinction remise chaque année en partenariat avec “Rire et chansons” qui sollicite les athlètes par un grand vote sino-soviétique. L’entraineur de la banlieue rennaise devance dans ce classement le sélectionneur national Raymond Domenech et le préparateur physique des chanteurs français de l’eurovision.

Il succède à la grosse Lulu, entraineuse à Pigalle lauréate l’an passé.

Les photos de la remise des prix sont ici.

Article original : http://www.footmercato.net/drogba-elu-meilleur-joueur-africain-de-l-annee_43620

11.11.09

Permalien 22:24:05 par Nico M, Catégories: News , Tags: semi, tout rennes court

Tout Rennes Court … Et moi, et moi, et moi…

Ami lecteur, je sais que tu as boycotté la rentrée littéraire pour pouvoir lire ce poste car tu sais que ce poste qui n’a pas l’air de grand-chose, c’est LE poste, l’œuvre de ma vie, l’aboutissement des années de durs labeurs, le début et la fin, le yin et le yang, l’alpha et l’oméga…

En 2 mots, c’est le poste de mon premier semi-marathon !

Comment en suis-je venu au semi, me demandes-tu, lecteur impatient ? Et bien, ça vient tout simplement d’un défi qu’on s’est lancé entre amis, oui, un peu comme ces étudiants le jeudi soir qui montrent leurs fesses à qui mieux-mieux ! La différence, c’est que nous, on n’était pas saouls (même si, personnellement, je ne me rappelle de rien).

Et me voilà à faire la première étape de ce challenge : la préparation !

En fait, j’ai l’impression que plus la course est longue, plus la prépa est simple … Je n’avais que 2 exercices : courir autour du stade à la même allure (et dans le même sens) et sortir pendant des heures, le WE, sous un soleil de plomb (je me suis même demandé si Bruno n’avait pas confondu le s’mi Ouest-France avec le marathon des sables). Le tout pendant 6 semaines… Je peux dire que ça calme son homme !

La préparation
Trop facile, la préparation

A la fin de la 5ème semaine, c’était plus des muscles que j’avais, mais des blocs de bétons (oui, lecteur amateur d’esthètes, comme mes abdos). Même lors de la 6ème semaine, constituée pourtant que de séances de régé, j’ai souffert (catégorie « bouffer grave sa race »).

Et me voici en ce jour du 11 Octobre : des jambes en tocs mais un moral à bloc !

Levé tôt, car en mari aimant j’accompagne ma femme à son 10 km (ne pleurez pas sensibles lectrices car si mon cœur est exclusif, il y aura toujours, quand même, une place pour vous toutes), je me prépare un petit déjeuner de sportif : œufs au bacon, saucisses et un reste de rillettes. J’enfile une tenue légère, mais de toutes façons un rien m’habille, et retrouve mes camarades au métro Charles de Gaulle (c’est rigolo, cette station nommée comme un porte-avion).

Une bise, une poignée de main, une accolade, une insulte et me voici à assister au départ des 10 kms admirant les foulées aériennes des athlètes SIIens. Qu’ils sont beaux tous ses gens « corporate » !


C’est nouuuuuuuus, les gars de SIIIIIIIII !

Ah, voici, Christian qui m’annonce que son chien a mangé son cardio, que des extra-terrestres l’ont embarqué pour faire des expériences sur lui, que son certif a été perdu par la poste et que, surtout, il a une tendinite (doublé d’une double fracture tibia-péroné, de la grippe A qui a muté avec la tuberculose et enfin une maladie inavouable ramenée des bas-fonds de Lannion). Tout ça pour dire qu’il n’est pas certain de faire un temps.

J’en fais fi et je retrouve Frankie pour un petit échauffement. Ce dernier me dit qu’il fait vite et qu’il préfère aller se placer assez rapidement. Je trouve ça intéressant mais je préfère quand même attendre un peu (notamment que tous les coureurs du 10km aient quitté le couloir). Profitant que le centre-ville soit acquis à la cause du runner, je déambule doucement dans les rues en guise d’échauffement. Arrivé aux étangs d’Apigné, je fais demi-tour et me positionne dans le peloton. Le coach m’a dit au 2/3, je décide de faire du zèle et me met au 3/5, les courses se jouant souvent à un détail.

Pas de stress avant le coup d’envoi, pas de stress pendant et pas de stress après. Il faut dire qu’il a fallu attendre de très longues secondes avant que la masse ne daigne avancer… Avant de s’immobiliser à nouveau… Voire de reculer. Et quand le temps avance quand on recule, comment veux-tu … que je franchisse la ligne de départ ?

Et bien, en attendant, tout simplement. Dingue : je n’avais pas franchit la ligne de départ que j’avais déjà pris du retard !

Et là, les gens sont partis comme des flèches. J’ai bien essayé de les prévenir qu’il y avait 21 bornes, puis de les freiner et de les agripper par leur maillot, mais ils n’ont rien voulu savoir. C’est là que la sécurité est intervenue pour la première fois.

Retour à la course : Il y a le boulevard de la tour d’Auvergne qui est sympa et aussitôt, crack, la montée pour passer au dessus de la voie ferrée. Je ne suis pas au premier kilo que déjà ma FC est au dessus de la cible et que je vais moins vite que prévu. Je suis sur qu’il y a un gars qui a fait exprès de faire ce parcours pour que je me fasse enguirlander par Bruno !

Ca n’a pas loupé : 6’’08 au 1er kilo ! Je suis un homme mort.


Pfff, on a fait 1km. Il est pas fini le CR !

S’en est suivi des descentes, des montées, des virages, des boucles et ce, pendant 4 kilomètres. Ce n’est pas une course, c’est une montagne russe. En plus, histoire de me meurtrir un peu plus, je me fais doubler par un Mario poussant la chansonnette. VDM. Heureusement, que le ravito du 5ème kilo est là pour me remonter le moral. Un petit café, une viennoiserie et hop, me voila reparti.


Clash of the titans

Que la musique de mes pas foulant le boulevard Jacques Cartier fut douce à mes oreilles. D’accord, c’est long, mais c’est plat. Donc, c’est bon… En plus, ça se termine dans un feu d’artifice de gaieté : mon cœur balance entre le cimetière de l’est et les entreprises de pompes funèbres.

Alphonse Guérin, Boulevard Laënnec, Rue de Paris et me voici sur les quais. La pression monte. La foule est en délire. C’est l’hystérie la plus totale (vous ne viendrez plus chez nous par hasard). Curieusement, ça dénivelle. Tiens, ce n’était pas au programme, ça. On m’aurait menti ? Ce n’est rien, je garde ma foulée, je bombe le torse et me voici sur la place mythique de la mairie.

« Le plus dur pour les nerfs est de voir la ligne d’arrivée et de passer juste à coté pour faire la boucle du parlement » est la phrase que l’on m’a le plus dit avec ce semi. Je ne vous dis pas comment j’étais préparé psychologiquement. La preuve, je ne l’ai même pas regardé cette ligne d’arrivée. D’ailleurs : quelle ligne d’arrivée ?

Par contre, je les ai sentit ces ?$£&@!! de pavés. Si un jour je suis élu maire de Rennes, je te ferais goudronner tout ça, moi … Après on s’étonne que les gens y foutent le feu au parlement ! Y’a de quoi, quand même …

C’est là que mon fan club avait pris position. Les fameux NYBER (Nico, You’re the Best Except at Running) étaient tous là avec banderoles, drapeaux, feux d’artifices et filles à moitié nues. Bien que je n’ais pas vu ces dernières, je les crois sur parole quand à leur présence. Que cette chaleur humaine fait du bien, qu’elle réchauffe le cœur esseulé du coureur, qu’elle soigne les blessures les plus profondes, qu’elle apaise les douleurs naissantes …

Le fan
Oui, je l’avoue, j’ai supporté Nico

… Oui, enfin, pas trop quand même car comme ils disaient en 68 : « après la plage, les pavés ». Toujours et encore des pavés. Si l’enfer est pavé de bonnes intentions, Rennes, elle, est pavée tout court. Surtout dans ces détours au cœur de la ville commerciale ou Camille, mon ex-futur camarade de jeu, s’époumone à m’encourager. A ce sujet, j’aimerais lui faire passer un petit message personnel : « Camille, arrêtes la choucroute, tu prends sérieusement du bide ».

Voilà, ça, c’est fait.

Sortie du centre. Second ravitaillement. A nouveau, je suis les consignes et m’arrêtes pour une courte collation. Le temps d’un galette-saucisse et d’une bière fraiche et me voila repartit vers de nouvelles aventures d’un air guilleret et espiègle. Espièglerie dont fera les frais cette charmante dame se renversant sa plancoët sur sa tête et son buste. « Il est trop tôt pour le concours du t-shirt mouillé » lançais-je avec une légèreté fantaisiste.

Mouillée
La course à pied, ça fait transpirer

La nouvelle intervention de la sécurité fut beaucoup moins légère et pas du tout fantaisiste pas plus que le cri de ladite dame qui n’eu que les mots « pervers », « vicieux » et « je n’ai pas entendu ça depuis Bruno Rageau » à la bouche !

Petit intermède destiné aux fidèles lecteurs qui se disent « ouaip, Nico, il est cool mais c’est rien qu’un mtyho (mais j’le kiff qd même, lol) ». Et bien non, loyaux lecteurs : cette dame a vraiment existé et j’ai réellement eu cette courte conversation avec elle. Le reste fait parti de la légende (mais sachez qu’aucun agent de la sécurité n’a été blessé durant ce CR).

Oubliée, la dame au buste humide. Je retrouve ma solitude de coureur de fond prêt à affronter mon destin. Je franchis la barre psychologique des 10kms. Me voilà dans l’inconnu, là ou mes runnings n’ont jamais mis les pieds. Parallèlement, je me dis que je n’ai pas fait la moitié. Le moral perd, subitement, 2 points sur une échelle qui va de 0 à pas beaucoup.

J’attaque boulevard de l’ATA qui me semble interminable (pan, 1 nouveau point en moins), je repasse par la ligne de départ (- 2 points), je croise des coureurs qui marchent en sens inverse (-3 points d’un coup), tout est moche et gris (-2 points). Bref, je fais le bilan sur ma vie et je me dis que finalement, j’ai tout raté, je ne suis qu’un minable et que je ne vaux pas mieux que ces bouteilles de Plancoët jetée avec négligence sur le bord de la route et qu’on abandonne sans même jeter un regard derrière soi. Je pense à la faim dans le monde, à la fonte de la banquise, à la crise. Vie de merde. Je cherche la vilaine pour pouvoir m’y jeter avec un parpaing.

Et puis le panneau des 11 apparait entouré de petits anges trompétant à sa gloire. A nouveau, le soleil brille. A nouveau, les oiseaux gazouillent. A nouveau, les filles sont belles. A nouveau, mes jambes sont légères. Ca y est, on a passé la moitié. Ca y est on a franchit le mur. Ca y est on arrive à la montée du pont de la voie ferrée !

Les organisateurs sont des sadiques qui ont du voir la série des « saw » une douzaine de fois tant leur science de la torture mentale semble insondable : dès que le coureur retrouve un temps soit peu le sourire, ils lui envoient une épreuve pour lui en faire baver deux fois plus. Personnellement, j’ai vécu la montée du pont comme l’ascension du mont-blanc avec, au moins 3000m de dénivelé ! Au sommet, je m’attendais à trouver de la neige, mais finalement, non : que du sang et de la sueur !

La course n’étant qu’un éternel recommencement, voici que ça re-monte, ça re-tourne, ça re-descend, ça re-re-tourne, etc … Jusqu’au boulevard Jacques Cartier. Là, je m’accroche à 2 nanas, ce qui ne perturbe pas le moins du monde leurs conversations : shopping, vie de couple et autres sujets du quotidien féminin. Au bout d’un moment, l’une d’elle me lance « ça va ? ». Je luis répond par l’affirmative.« mmrrrrroaaaa ». Etonnement, elle me lance un regard dubitatif mais continue son ouvrage.

500 mètres plus loin, elle me regarde à nouveau et insiste : « sur que ça va ? ». Quoi ? Qu’est-ce qui a ? Tu n’as jamais un mec au teint blanc verdâtre, au regard livide et à la bave aux lèvres ? Je me contiens et j’essaie de la rassurer par une brève description de mon état et des mes objectifs. « mmrrrrroaaaa ». Elles ont accéléré. Je n’ai pas compris.

A un moment, j’ai du croiser monsieur et madame coach, ainsi que Pierrot-président vénéré, mais ces rencontres resteront à jamais dans le brouillard de mes souvenirs (oui, j’ai eu un trou, et alors ?). Il faut dire que la tranche 11ème km-14ème km fut assez traumatisante pour le corps comme pour l’esprit. Si je n’avais pas tout oublié, je pense que je m’en serais rappelé toute ma vie.

Dernier ravitaillement. Je commande une quatre fromage et un banana split car, tout le monde le sait, c’est le dessert que sert l’abominable homme des neiges, bana-nana, bana-nana, banana split, ouh ! Oui, lecteur à l’oreille avertit, toi aussi, tu sens qu’il est temps que ce CR se termine.

15ème kilomètre. Voila THE étape. THE moment of vérité. Tout le monde me l’a dit : un semi ne commence qu’au 15ème kilomètre. C’est physiologique et symbolique à la fois. C’est l’équivalent du mur du 30eme kilomètre au marathon, mais en plus petit. Un muret, quoi. Disons, un petit muret. Un muretton…

muretton
Un tout petit muretton

A nouveau, le ciel s’assombrit, il y a comme quelque chose de lourd dans l’air (en plus de mes blagues, merci de la remarque), les mères rentrent les enfants, l es passants retiennent leur souffle, le temps est suspendu. Ca sent le combat, l’affrontement, le duel à mort entre ces 6 derniers kilomètres et moi. La musique d’Ennio Morricone résonne. Fini le « s’mi Ouest-France », ici commence « il était une fois dans l’ouest … de Rennes ! ».

Le regard assuré et le muscle tendu, je mets à néant tous ces maudits chiffres les uns après les autres : Terrassé, le 16ème. Explosé, le 17ème. Massacré, le 18ème. Je suis un guerrier, je suis un warrior, je suis un highlander et il ne peut en rester qu’un ! La foule me suit dans cette bataille hurlant ses messages belliqueux : « a mort ! à mort ! ». Ce n’est plus une rue, c’est une arène. Ce n’est plus Rennes, c’est le colisée de Rome.

Toujours plus assoiffée de tripes et de sang, un spectateur s’avance et me donne … un bichon ! Oui, lecteur à la foulée souple, tu ne rêves pas, me voici affublé d’une petite touffe de poils. Je savais que cette course réservait des surprises mais à ce point là… Que dois-je faire ? J’ai pensé, à un moment, à le manger mais je me suis dit que le bichon ne devait surement pas être de la famille des sucres rapides et que ce ne serait pas en adéquation avec ma stratégie de course.


Enfin un coureur qui a du chien

Le jeter sur un adversaire ? Tiens, en voilà une bonne idée … Je regarde autour de moi : personne ! Damned ! Finalement, je prends le parti de m’en servir comme éponge : un coup dans un seau d’eau, un passage sur le front, un passage sous aisselles et me voilà rafraichi. Je sais, j’aime me faire bichonner …

19ème kilomètre. Je sors ma pâte de fruit de mon short (non, lecteur avide de sensation forte, tu n’en sauras pas plus sur mon intimité) et j’assimile mon plein d’énergie pour le compte à rebours finale.
Tandis que les badauds donnent des coups de main ou des coups de pouce, un plus zélé que les autres me donne … un coup de fil ! Me voici avec un téléphone à l’oreille. Dingue ! Un truc de ouf, c’te course ! C’est quoi la prochaine surprise ? Un plan drague dans la dernière ligne droite. Vraiment, c’est n’importe quoi ! Je donne 2-3 conseils en investissement boursier à mon interlocuteur et je raccroche. Faut pas abuser non plus ni pousser mémé dans les pavés…


“Nico consulting à votre écoute…”

Back to the quais. A nouveau ça monte, à nouveau la foule exulte (surtout Nico G, posté stratégiquement en plein milieu de la montée). Là, une blonde s’approche et me susurre : « tu ne serais pas Nicolas, par hasard ». Yaaaaaaaaaah ! Je rêve ! Non, je cauchemarde ! Ou les 2, je ne sais plus… Je lui dit que je suis marié, que je ne suis pas le garçon qu’elle crois que je suis et que ce n’est pas le moment pour un acte sexué même sans lendemain, sauf si elle insiste, évidemment. Elle me répond qu’elle est une collègue à ma femme et qu’elles avaient parlé de ma participation (j’imagine bien : « Nico, tu ne peux pas le louper, c’est un p’tit rond tout rouge. Tu lui mets un M sur le ventre et c’est le portrait craché d’un M&M’s »). Les femmes sont cruelles, parfois …

Me voila accompagnant Nathalie (c’est son prénom), dans les derniers mètres de mon péril. Qu’est-ce que j’en fais ? Je la mange ? Je la jette sur un adversaire ? Je m’en sers comme éponge ? Non, Nico, ton calme gardé tu dois. Et courir avec moi la laisse je.


Je ne suis pas mytho : au fond à droite, c’est moi, avec Nathalie

On quitte les quais. « Le plus dur pour les nerfs est de voir la ligne d’arrivée et de passer juste à coté pour faire la boucle du parlement » est la phrase que l’on m’a le plus dit avec ce semi. Je ne vous dis pas comment j’étais préparé psychologiquement. La preuve, je ne l’ai même pas regardé cette ligne d’arrivée. D’ailleurs : quelle ligne d’arrivée ?

Je ne regarde pas, je fais abstraction de tout, sauf de Nathalie que je prends sous mon aile protectrice. On arrive au parlement, je peste contre les pavés. J’aurais pu me paraphraser mais par respect pour toi, lecteur complètement harassé par ce suspens insoutenable, je n’en dirais pas plus mais je t’invite à relire le paragraphe idoine quelques (centaines de) lignes plus haut pour savoir ce que je pense de ces ?$£&@!! de pavés.

Quelques virages et nous y voila : La place de la mairie était vide / Devant moi courrait Nathalie / Elle avait un joli nom, ma coureuse / Nathalie.

« Le plus dur pour les nerfs est de voir la ligne d’arrivée et de passer juste à coté pour faire la boucle du parlement » est la phrase que l’on m’a le plus dit avec ce semi. Je ne vous dis pas comment j’étais préparé psychologiquement. La preuve, je ne l’ai même pas regardé cette ligne d’arrivée. D’ailleurs : quelle ligne d’arrivée ?

Et j’ai continué de courir …

… Jusqu’à ce que le service d’ordre intervienne une dernière fois.

Ainsi se termine la fabuleuse aventure de Nicolas au pays des pavés.

Bon, ben, à partir de là, je pense qu’il faut prendre les courses les unes après les autres…

Merci à toi de m’avoir lu en entier,
Merci à toi de m’avoir poussé, entrainé et soutenu jusqu’au bout (et je sais que le défi n’était pas simple),
Merci à toi de t’être associé à ce projet, de m’avoir accompagné pendant les sorties longues sans pouvoir participer finalement,
Merci à toi de m’avoir défié et qui à l’origine de tout ça. J’étais tout seul mais j’ai couru pour 2,
Merci à toi pour m’avoir supporté comme jamais personne ne l’avait fait avant,
Merci à toi qui a eu l’idée de mettre des pavés dans l’ultra-centre,
Merci à toi pour les super photos,
Merci à toi pour tes précieux conseils,
Merci à toi pour ces quelques foulées partagées sur le bitume rennais,
Merci à tous,
Merci.

PS : 2h14min.

Photos de la course de Gwendal JABOT sous licence Creative Commons.

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