Amis des courses chaotiques, bien le bonjour. Laissez-moi vous narrer ma dernière compétition en date : le semi-marathon de Tout Rennes Court, édition 2011.
On a l’habitude de dire que la réussite d’une course, c’est 50% dans la préparation, 50% dans la tête et 50% dans les jambes. Pour une fois j’avais soigné ces 3 aspects, autant dire que j’étais à 200% !
D’abord la préparation. Coach Bruno m’avait préparé un plan aux petits oignons (tu m’étonnes, vu comment j’ai pleuré) faisant rimer douleur avec souffrance. Les semaines de repos, on ne faisait des sorties que de 1h30, ça affiche tout de suite la couleur ! Mais tel un croisé (le chevalier qui fait les croisades, rien à voir avec les ligaments, bande de geeks), je suis allé jusqu’au bout de ma quête, affrontant les obstacles les uns après les autres et, ma foi, je m’en suis pas si mal sorti que ça. En fait, je m’en suis sorti vivant, c’est déjà un exploit en soi ! J’ai même survécu à la période de canicule qui a sévit les 10 derniers jours avant l’épreuve. J’ai bien senti qu’une puissance dépassant l’entendement cherchait à me mettre à l’épreuve mais j’ai passé le test, la tête haute et la langue pendante ! Ca m’a fait sué, au sens premier du terme, mais j’étais prêt, après ça, à aller me taper le marathon des sables sans ravito ! Un vrai chameau… Bon, ok, un tout petit marathon des sables … Un marathounet … Un micromarathounet, peut-être… Enfin, bref, j’étais au taquet !
Et puis TRC, maintenant, je connais. Je m’y suis fait dépuceler le semi en 2009 (2h14 avec bichon) et j’ai fait le semi-semi-marathon l’année dernière (54′). Oui, je sais qu’on appelle ça vulgairement un 10km. Je connais, donc, le parcours, je sais les pavés, je sais le boulevard Jacques Cartier. J’ai pas peur. Et je le crie haut et fort : “Non, Rennes, tu ne me fais pas peur” ! Au taquet, je vous dis !
Le jour de la course, j’étais au top. Limite “over the top", même. Bien dans ma tête, bien dans mes chaussures (des Saucony rouges brillantes qui déchirent leur mère). Y’avait plus qu’à…
PAN ! Le coup de pistolet…
A ce moment précis, au fond du peloton, il se passe… rien ! Il faut attendre une bonne minute avant que l’on commence à marcher et encore une minute avant de franchir la ligne de départ. Oui, ça se passe comme ça au fond du peloton. Viens vivre ma vie de coureur de fond de cours…
Les consignes étaient de partir doucement, tout particulièrement avant la grosse montée du pont de la voie ferrée, histoire de ne pas se griller dès le départ. Au bout de 500 mètres, je me faisais dépasser par Mario, par le clown et par le type qui trimballe une échelle avec des singes dessus (Tu veux toujours vivre ma vie du fond du peloton ?). J’essaie de garder le moral et me persuade que ce n’est qu’une hallucination. Je monte la cote sans problème et check le chrono au premier kilo. 6′20 (je courais à la FC en ayant pour cible 6′ au km).
Là, j’ai un flash. Je vois Bruno lisant mon CR et à la vue de mon temps me félicite à ma juste valeur : “Pourquoi t’as pas couru plus vite ? Feignasse ! “. Je décide d’accélérer. D’un autre coté ça descend, j’aime bien. Le boulevard Jacques Cartier se passe bien car un coureur averti en vaut 2 (la suite nous apprendra que c’est valable aussi pour le chrono). Enfin, disons que ça se passe tout court car au deuxième kilomètre me rattrapent les coureurs de l’extreme, à quatre (plus guests, apparemment), accrochés à leur banderole vantant les mérites du 24h de Rennes ! Ces gens bien sympathiques sont, quand même, un tantinet bruyants car arrivés à ma hauteur, ils se mettent à chanter ” - Vous êtes fatigués ? - On n’est pas fatigués ! - Vous êtes fatigués ? - On n’est pas fatigués…". C’est fatiguant. Ils ne s’arrêteront qu’une fois la ligne d’arrivée franchie.
J’accélère (mais pas trop) pour échapper à cet enfer ambulant. Il me faudra 2 kilomètres pour m’en débarrasser définitivement.
Au premier ravitaillement, soit au quart de la course, j’étais bien. J’avais rattrapé mon retard et j’étais frétillant comme un hareng, l’odeur en moins. J’me fais le boulevard tranquillement, celui qui passe sous les rails et au dessus de la vilaine. Alphonse Guérin est facile. J’y retrouve mon photographe officiel qui immortalise ce moment de grâce. 2-3 clichés et hop, me voila sur les quais !
C’est là que la course démarre vraiment car ils sont longs, les quais. Et ils ne sont pas plats, les quais. Ca tire, ça relance, ça souffle, ça fatigue un peu. Heureusement la présence de mon fan club me réchauffe le coeur. Le temps de les saluer discrétisent de la main et je repars affronter mon destin. Mais après l’effort, encore plus d’efforts ! Les quais laissent la place à la cote pavée montant à la place des lices. Saloperie de cailloux, on se croirait à Paris-Roubaix ! En plus ça ne fait que monter et descendre… Je sens que le bonheur me glisse entre les doigts…
J’ai jamais été aussi heureux d’arriver à la place de Bretagne. Enfin du plat et du bitume bien de chez nous. Sur le boulevard de la liberté je notifie à la coach family que tout se passe bien car oui, finalement, ça se passe bien ! Je passe le panneau du 10ème kilo avec quelques secondes d’avance. Je fais péter le champagne pour l’occasion ! Santé !
C’est à ce moment là que les choses se sont corsées. Plus particulièrement sur la montée du pont de la voie ferrée. J’avais géré ma montée, tranquillement, quand soudain je jette un oeil sur le cardio : 171 ! Horreur, malheur ! Les consignes me reviennent en tête, en rouge, en gras, en police taille 48 : “Tu ne dois surtout pas être au dessus de 170 avant le 15ème (sinon toi et ta famille serez maudits sur 7 générations)". Là, Bruno m’apparait. Il fait 4 mètres de haut, sa peau est rouge hémoglobine, il a une paire de cornes, une fourche et des pieds de bouc (ce qui lui fait un point commun avec Frankie), les flammes de l’enfer brulent d’un brasier ardent autour de lui, l’air est saturé de souffre, il pleut du sang, les chiens couchent avec les chats… Y’a pas de doute, c’est Armaggedon. Belzecoach me regarde avec ses yeux vipérins et, d’une voix sortie d’outre-tombe, me sanctionne : “SOIT TON ÂME BRULE EN ENFER POUR L’ÉTERNITÉ, SOIT TU BAISSES DE DEUX PULSES…”
J’ai baissé de 2 pulses.
Après, c’était une vraie balade de santé. 11ème kilomètre, mes deux genoux veulent faire jouer leur droit de retrait, je leur explique qu’il faut un service minimum, ils acceptent mais à contre-coeur et ils me le font bien comprendre. 12ème kilomètre, j’ai un gros coup de mou de la catégorie plus-j’accelere-moins-j’avance. 13ème kilomètre, mon ventre se tord dans tous les sens et me fait me demander si j’ai bien fait de reprendre du chili con carne au petit déjeuner. Après toutes ces péripéties, je me traine comme une grosse larve jusqu’au kilomètre 16 ou je m’écroule de tout mon long sur la table du ravito.
Une gorgée d’eau, un raisin sec et hop, c’est reparti comme en 14. Oui, 14 comme 14-18, la guerre avec les tranchées, la boue, le froid… Au 17ème km, je me sens comme un poilu sans poils. Alphonse Guérin devient mon Verdun à moi. C’est horrible. Les pertes sont immenses. Mon fidèle photographe est fidèle au poste, lui. Il essaie de me remonter le moral. Je lui répond par un état des lieux physiques et mentales : “Je … suis … mort …". Là, il a du me dire des choses mais je ne sais pas si j’ai entendu ou si j’ai compris. En tous cas, j’ai tout oublié…
Et comme un malheur n’arrive jamais seul, revoila les joyeux coureurs de l’extreme. ” - Vous êtes fatigués ? - On n’est pas fatigués ! - Vous êtes fatigués ? - On n’est pas fatigués…". J’ai une soudaine envie de carnage.
18ème kilomètre. Les quais. Je sors ma dernière chance, mon gel “Coup de fouet". Le gel “Coup de fouet", c’est formidable, ça permet de finir une course à la vitesse d’un guépard, de se sentir frais comme un manchot et d’être perçant tel un aigle royal. Accessoirement, ça donne une bonne haleine, de beaux cheveux et ça fait filtre d’amour auprès de la gente féminine. Pour le moment, ça me fait juste courir à la vitesse d’un manchot royal. Mais il faut attendre que ça fasse effet…Enfin, j’espère…
Les quais, encore. Je crois voir mon fan club. J’essaie de lever un doigt pour leur faire signe mais c’est pas gagné. Je fais encore 200 mètres et là, c’est le drame…
Je l’ai vu tout de suite. Elle se tenait, là, seule, sur le bord de la route. Son comportement était tellement inhabituel, elle-même paraissait si étrange, si fragile. J’ai tout de suite vu dans ses yeux larmoyants toute la détresse du monde. Elle était en équilibre sur un fil, prête à chuter à tout instant. Elle attendait de l’aide. Mon aide.
Il n’y a même pas eu de dilemme, j’y ai même pas réfléchi. j’ai tout de suite stoppé ma course. Clignotants, sortie de route et je me suis mis en face d’elle, la tenant fermement de mes deux mains. La tête baissée et le souffle court, nous sommes restés longtemps sans bouger, à attendre que le calme vienne après la tempête… Et le calme est venu. A ce moment précis, je l’ai regardé avec insistance et elle m’a fait comprendre qu’elle était redevenue forte. Elle était sauve et j’ai su que ma course n’avait pas été sacrifiée en vain !
En ce 9 octobre, j’ai sauvé une barrière d’une mort probable. Je suis heureux.
Kilomètre 19, je bippe : 15min ! Formidable, je viens de battre le record du kilo le plus long et je ne suis pas peu fier, croyez-moi. J’attaque les pavés pour monter à la place des lices et ça ne rate pas : j’ai des crampes, des orteils jusqu’aux fesses, les 2 en plus ! Après avoir déroulé tous les jurons de mon vocabulaire (et y’avait du monde), je me résigne à m’arrêter encore pour étirer les 2 piliers de béton qui me servent de jambes ! Je décide de repartir mais en m’allégeant un peu : j’abandonne ma motivation, ma bonne humeur et ma lucidité. J’avais laissé la gnak au boulot et je pense que mon sac a volonté était percé et que j’ai du en perdre une bonne partie sur la route.
Je repars au combat, donc. Arrivé aux lices, je pleure ma mère. Au dessus de la vilaine, j’hurle ma race. Sur la place de Bretagne, je pestifère sur tous les organisateurs de courses à pied de la galaxie. Boulevard de la liberté, je crois avoir croisé Béné mais j’en suis pas certain. En fait, à ce moment, je ressemble littéralement à un zombie, regard hagard et bave aux lèvres compris. Plus fort que “walking dead", “running dead” !
Je prend le virage à droite pour arriver vers Charles de Gaules ("Coureurs, Coureuses, je vous ai compris !") et un type me dit : “Courage, il reste 400m". Cool. 50 mètres plus loin, ça monte un peu et un autre spectateur hurle “c’est presque fini, il reste 400m". Rictus nerveux.
Je passe sous l’une des 45 arches d’arrivée avec une foulée peu orthodoxe (en fait, je rampe littéralement) et un gentil monsieur m’envoie le message de motivation suivant : “Alleeeeeez, plus que 400m". Je crois que j’ai frappé.
Après, je ne sais plus trop : j’ai du franchir la ligne d’arrivée mais vu le chrono, je pense que j’ai du faire un détour à un moment donné. Je me rappelle avoir émis quelques reproches sur le peu de victuailles dans le sac remis à l’arrivée (j’ai gueulé comme un putois) et m’être pris la tête avec le monsieur qui me refusa une deuxième bouteille d’eau (et je suis certain qu’il m’a dit que l’arrivée était 400m plus loin).
Bref. J’ai couru le s’mi Ouest-France !
NB : Le chemin est long jusque Paris. Mais comme aurait pu dire Confucius (ou pas) : “finalement, ce n’est que 2 heures en TGV". Je vous laisse méditer…
Amis,
voici un petit bilan sportif à mi-saison, avec un peu (beaucoup) de retard.
Au 28 février 2011, nous avions participé à 31 courses différentes, pour 119 dossards.
La saison dernière, au même point, nous étions respectivement à 25 courses pour 100 dossards.
Nous sommes donc en bonne voie pour poursuivre notre progression, puisque la saison 2009-2010 s’est achevée avec 61 courses pour 189 dossards.
Au niveau des adhérents, nous dépassons déjà le total de la saison dernière avec 37 adhérents (contre 33 au total en 2009-2010).
Par contre le nombre de coureurs SII (adhérents + non adhérents ayant couru au moins une course sous les couleurs de SII) stagne : 39 pour le moment, le même chiffre qu’au total de la saison dernière.
En conclusion, il faut faire encore un petit effort pour passer les 40 adhérents, et rameuter encore plus de collègues pour courir avec nous !
Pour rappel, l’inscription à la première course sous les couleurs de SII est remboursée à hauteur du montant de la cotisation (7€).
a+
Tango
Dimanche 28 novembre : aujourd’hui c’est Chantepie ! Dernière course à mon programme 2010. Bien que les spécialistes ne considèrent pas le tracé comme très roulant, je suis venu ici pour améliorer ma meilleure performance sur 10km. Depuis un mois, je m’entraîne sérieusement pour cela. L’objectif aujourd’hui est donc d’effacer mes 44’46 établi l’an passé… sur cette même course.
Ce matin, les conditions ne sont pas idéales. Il a neigé en début de matinée et la température avoisine les 0°. Il est primordial de bien s’échauffer pour éviter la blessure. A une demie heure du départ, je pars pour 20 minutes d’échauffement autour du terrain de foot. Je croise quelques têtes connues de l’AS SII et je retrouve mes amis Pierre et Aurélie qui prendront également le départ. Le rythme est tranquille : il s’agit juste de préparer les muscles à l’effort. Deux à trois accélérations pour finir et nous prenons la direction du départ. Je souhaite bonne course à mes amis, qui ont des ambitions et des rythmes différents du mien, et je me faufile parmi les déjà nombreux coureurs massés sur la ligne. Je me retrouve à peu prêt au milieu du peloton. Je vais devoir bagarrer dès le premier km pour sortir du trafic. Aujourd’hui j’ai privilégié l’échauffement à un bon placement sur la ligne de départ. Durant les 10 dernières minutes précédent le départ, je sautille sur place pour ne pas trop me refroidir. Je réfléchis également à la façon de gérer ma course. Sur 10km, il y a assez peu de calcul à faire. La distance est trop courte pour s’économiser au départ. Je vais donc juste essayer de ne pas partir trop vite pour ne pas m’écrouler sur la deuxième partie de parcours comme j’avais pu le faire à Tout Rennes Court. 10h45, le starter retentit. Je mets 30s pour passer la ligne, ce qui m’agace profondément. Heureusement que je me suis placé sur un côté car cela me permet de prendre l’extérieur et de ne pas être trop ralenti. Je passe le 1er km à remonter le peloton. J’atteins le 1er panneau en 4’15 ce qui est un peu rapide pour moi. Mais je me sens bien et le profil se prêtait à un départ rapide. Je maintiens ce rythme sur le 2ème km au cours duquel je rattrape Pascal. Un temps, je pense que nous allons faire un petit bout de chemin ensemble mais Pascal m’encourage à continuer sur ma lancée. J’atteins le 2ème km en 8’30. Un petit coup d’œil au cardio pour m’apercevoir que j’ai pris mon rythme de course aux alentours des 185 bpm. Tous les voyants sont pour l’instant au vert. Les 2 km suivants font apparaître les premières difficultés : la montée vers le centre de gériatrie et le contournement du champ des vaches, où il est quasiment impossible de dépasser. Mon rythme ralentit légèrement mais je parviens à relancer pour atteindre le 5ème km en 21’45. C’est mieux qu’à TRC, je suis parti sur de bonnes bases. Ma bonne impression se confirme quand je double Barbara (de la JA Melesse) un peu plus loin. Je me souviens que l’an passé elle avait terminé en 45 minutes. Dans les 2 kms suivants j’arrive à conserver mon allure. J’ai dans le viseur une concurrente que j’ai déjà repéré à plusieurs reprises lors de précédentes courses et dont je sais que le chrono se situe également autour des 45’. Cela me motive. Par contre, je n’arrive pas à combler les 50m qui me séparent d’elle ce qui m’inquiète un peu. D’ailleurs mon temps au 7ème km n’est pas celui que j’attendais. Je passe en effet en un peu plus de 31 minutes. J’ai ralenti malgré moi et je sais que la montée de Cucé se profile à l’horizon. C’est maintenant que tout se joue. Ce n’est pas le moment de lâcher prise !! Mon rythme cardiaque est toujours stable ce qui est plutôt une bonne chose. A l’entrée de la montée, je fais la jonction avec la concurrente qui me précède. Je me mets dans son sillage jusqu’à mi-côte. A ce moment là, je me sens assez costaud pour accélérer. Malgré les conseils donnés à l’entraînement, je passe à l’attaque dans la montée. La dernière difficulté est maintenant derrière moi. Elle a laissé quelques traces mais je sens que je suis en passe d’atteindre mon objectif alors je reste concentré. Je reçois pour la deuxième fois les encouragements de Sabine et Nadia et cela me fait du bien. Plus loin, ce sont mes parents qui me poussent.

Je suis désormais dans la dernière partie de chemin, le long du plan d’eau. Je passe le 9ème km en 39’35. Dans ma tête, je sais que c’est gagné !! Mon record va tomber car ce n’est pas maintenant que je vais lâcher.

Je suis galvanisé. Plus rien ne peut m’arrêter maintenant. J’accélère, je relance en sortie de courbes : c’est génial. Dernier faux plat montant, j’aperçois la ligne d’arrivée. J’accélère encore. Au niveau du dernier rond point, je pars même en sprint. Je me fais légèrement surprendre par la première banderole arrivée qui ne l’est pas tout à fait mais je poursuis jusqu’à passer sur le tapis ! Je regarde mon chrono : 43’31 !!!!!!! Waouhhhh ! NOUVEAU RECORD pour moi sur cette distance ! 1’15 de moins que le précédent, moins de 4’ sur le dernier km, un deuxième 5km légèrement plus rapide que le premier… Incroyable ! Je suis super content de ma performance. J’étais venu pour cela mais je ne pensais pas être à pareille fête. L’après course est joyeuse. Je retrouve tout d’abord Pascal, qui termine très peu derrière moi, puis les autres membres du team SII. Nous échangeons nos impressions autour d’une petite collation. Par la suite, je retrouve Pierre, Aurélie et d’autres connaissances. Chacun relate sa course et la façon dont il l’a vécu. Personnellement, je suis sur un petit nuage et cela valait bien un petit compte-rendu. ![]()
Rendez-vous en 2011!
Enfin j’ai fait ce compte rendu … c’est presque aussi dur que de faire le TRI que je vais vous réciter.
–> Ca y est … j’ai fait ce HalfIronMan de Huelgoat en 6h18min32s. ![]()
Quelques mois avant ce TRI :
L’idée me trottait dans la tête depuis quelques mois : passer sur du triathlon Longue Distance. En effet, depuis quelques triathlon de type Sprint (750m de natation + 20km de vélo + 5 km de course à pied) ou de type Courte Distance (1,5km de natation + 40km de vélo + 10 km de course à pied) je trouvais que j’avais de plus en plus de mal à m’arracher sur ces distances plutôt explosive.
Donc l’idée à fait son chemin et c’est en janvier 2010 que je me suis décider à m’inscrire sur un tri de cette distance. Je me suis donc fixé le tri de Sizun (dans les monts d’arrée) sur la distance HalfIronMan (1,9km de natation + 90km de vélo + un semi marathon en course à pied). Ce Tri se déroule en Juin et est prisé, tellement que 2 heures après l’ouverture des inscriptions il n’y avait plus de places (pourtant au nombre de 320). Je me suis retrouvé 200ème sur la liste d’attente. C’était donc rappé pour ce tri de Sizun.
J’ai donc élargi mes recherches et ai déniché le Tri de Huelgoat (1ère édition) sur la même distance que celui de Sizun et se déroulant également dans les Monts d’arrée. Avec celui-ci j’aurais un peu plus de temps pour me préparer puisqu’il se déroule à la fin août.
Le jour du TRI :
Il est 7h40, je me réveille dans la chambre d’hôtel situé à 300m du point du départ après une nuit assez courte (j’avais un repas de famille la veille à 2 heures de route de Heulgoat et ne me suis pas couché très tôt). Je prend le petit déjeuner à l’hôtel puis vais retirer mon dossard et repérer le parc à vélo ainsi que le plan d’eau ‘en face de l’hôtel). Première impression : l’organisation semble pas mal pour une première édition et le plan d’eau n’est pas très grand, l’eau est très foncée (elle est très brune) et ne semble pas bien chaude. Côté temps cela se présente bien : ciel bleu. J’aime mieux cela car le parcours vélo va être bien vallonné (pour rappel, on est dans les monts d’arrée). Je prépare le matériel (combinaison et lunette de natation, vélo avec les roues à jantes hautes car il n’y a pas de vent, puis les chaussures de cap) sans oublier l’alimentation car je suis parti pour ~6h.
Il y a prêt de 150 inscrit.
La natation :
L’eau est très foncé et chargée en « jus de bois », elle ne fait pas envie au premier abord mais bon … La température est de 16-17 degrés (ça va avec la combinaison néoprène). On est autorisé à tester l’eau en nageant un peu (tant mieux car debout on santait une vase bien visqueuse sous les pieds).
Le départ est donné et au bout de 200m on est une trentaine à se détacher avec les 2 meilleurs qui eux sont bien devant nous (assez loin devant). Au bout de 500m je me force à baisser mon rythme car je ne me connais absolument pas sur cette distance (autant sur un CD on est a un rythme soutenu, là je dois me sentir en balade toute la natation pour assurer). La nat c’est une petite partie de ce tri donc prudence.
Au bout de 700 m (à peu près bien sûr je n’avais pas le mètre dans la poche, d’ailleurs j’ai pas de poche sur la combi), avec d’autres je commence à me faire lâcher du paquet dans lequel nous étions mais tant pis je préfère assurer.
La natation se poursuit comme cela, je reste derrière à distance, avec 3 ou 4 autres, du 1er gros paquet. De temps en temps il faut jeter un oeil vers les bouées pour ne pas s’écarter du parcours et pour ne pas venir taper les concurrents qui sont proches. Au bout des 1900m je sors de l’eau en 37min33sec (à ma montre) vers la trentième position.
1ère transition (Natation/Vélo) :
Là une fois sortie de l’eau on se prend un talu énorme au point que l’organisation a placé des mecs pour nous aider à le monter. Maintenant il faut courir jusqu’au parc à vélo, il y a peut-être 200m à faire. Tout en courant il faut commencer à enlever le bonnet, les lunettes et le haut de la combinaison. Durant ce très court passage près de 5 ou 6 concurrents m’ont doublé. Une fois arrivé à ma place, je termine d’enlever ma combi puis enfile mes socquettes, mon casque, mes lunettes et pour finir mes chaussures (sur ce TRI longue distance, je ne les ai pas attachées au pédales pour allez plus vite … quelques secondes en + ou – on s’en fou un peu …). Je mets ma ceinture porte dossard avec les tubes de gel et puis prends quelques barres énergétiques. Puis c’est parti pour le vélo. Quand je sors du parc à vélo je suis 39 ème en ~41minutes.
Le vélo :
Et c’est parti pour 90km. Il va falloir encore gérer car je ne connais pas du tout le parcours. Je sais qu’il va y avoir des côtes et que l’on va réaliser 2 boucles de 45km avec un ravitaillement au 25-30km et un second au 70-75km. Derrière il va y avoir le semi-marathon et ça c’est ce que j’aime le moins dans le triathlon : donc gestion de l’effort et de l’alimentation !!!
Cela démarre fort : une côte d’1km en 2 paliers. Les côtes c’est pas mon truc et pas de bol, on est dans les monts d’arrées donc malheureusement pour moi il va y en avoir …. Dans cette côte je me fais doublé par pas mal de concurrents. Plus loin c’est une longue descente (2-3km) et … oh surprise … à suivre une côte de 2-3 km. Dans cette côte je me fais de nouveau doubler par d’autres concurrents (pas mal d’ailleurs). Par la suite je ne me ferais plus tellement doubler j’en doublerais 3 ou 4 au max, je m’en satisfait car je ne suis pas là pour la place mais pour finir. D’autres côtes suivront dont une à près de 10% je pense. Sur ce parcours vélo on se sent assez seul durant ces 3heures (on ne voit pas beaucoup de monde et peu de concurrents).
C’est pourquoi lorsque je termine la 1ère boucle, toujours par une côte, j’aperçois des enfants sur le bord de la route qui tendent la mains, je suppose qu’ils souhaitent que je leur fasse une tape.
j’avais lu que sur le longue distance il fallait savoir se distraite pour couper la possible monotonie en profitant du paysage et en communiquant avec les spectateurs. Donc je m’exécute et paff une grande baigne dans la tronche aux gamins … ah cela distrait effectivement … mais non je plaisante
je leur tape la main en passant (pas trop vite car pour rappel je suis dans une côte). Ils ont l’air content et pour moi c’est vrai que cela coupe le rythme solo que j’ai depuis plus d’1h30 sur le vélo à surtout voir des concurrents qui me double. La 1ère boucle est bouclée et l’on m’informe que je suis 65 ème (j’ai déjà perdu + de 20 places).
J’attaque la 2ème boucle en sachant ce qui m’attend. Contrairement à ce que je craignais, cela se passe pas mal, je pense bien à m’alimenter. Je profite du paysage et de cette belle région. Vers le 70km, je profite du dernier ravitaillement à vélo pour changer un de mes bidons (en fait j’avais déjà changer l’autre au 1er tour. Je termine les 90km en 3h23min sans trop me faire doubler et en ayant un peu doublé. A ce moment je dois être en 68ème position (d’après mes comptes suite à la 1ère boucle).
2ème transition (Vélo/Course A Pied) :
Dans cette transition cela va un peu plus vite et je ne perd pas de place car les écarts entre les concurrents sont bien plus élevés. Après avoir poser le vélo, enlevé le casque, je pense à changer de socquettes car je préfère assurer pour le semi-marathon. Je prends une barre énergétique et me motive car là j’attaque ce que j’apprécie le moins : la course à pied – y a beau faire j’ai toujours du mal à prendre mon pied sur cet effort. Et hop c’est parti pour prêt de 2 heures.
La Course A Pied :
Allez c’est parti pour 4 tours. Je fais gaffe à mon allure car au triathlon on démarre toujours vite la course à pied (je sais pas trop pourquoi mais tout le monde le dis). Les 2-3 premiers kilo je suis sur des bases de 11km/h … ne riez pas … c’est pas mal pour moi car je visais 10km/h sur ce semi même si Bruno (le coach CAP) m’avais prévenu que je descendrais peut-être en dessous de ces 10km/h.
Et paff … vers le 3ème kilo les gamins de tout à l’heure me rendent la baffe … en fait je me prends un coup de bambou digne de ce nom. Vite j’avale 2 gel ‘magique’ et me persuade que cela va être passagé et qu’il faut s’accrocher et continuer. A partir de ce moment ma moyenne ne va cesser de baisser. La fin du 1er tour approche et elle est plutôt casse pattes. Je passe d’une moyenne de + de 11km/h sur les 3 1er kilos à 10,5km/h à la fin du 1er tour. Le 2ème et le troisième tours vont se succéder sur un rythme ~10km/h. Il y a 2 ravitaillements par tour et j’en profite à chaque fois. Je bois en passant à 1 et m’arrête pour boire et prendre quelques fruits secs au second (je ne suis plus à un minute près). Dans le 2e tour je double un collègue du même club que moi qui a des soucis, je lui propose une gel mais il m’explique qu’il a des problèmes de digestion, qu’il a l’habitude te qu’il va gérer. Dans le 3ème tour un compagnon de course s’arrête (j’étais avec lui depuis 1 tour et l’on discutait un peu pour casser la longueur du semi) car il ne peut plus gérer la douleur qu’il a à son genou. Toujours dans le 3ème tour j’aperçois un petit attroupement … en fait c’est un concurrent qui est par terre et qui semble vraiment épuisé … là je me dis encore : gère mon gars gère, le but aujourd’hui c’est de finir.
Lorsque je termine mon 3ème tour (je vais pour attaquer mon 4ème et dernier tour) le speaker m’interpèle pensant que je termine le tri « allez Pascal c’est finit, bravo » et hop il se ravise rapidement lorsqu’il voit ma tête (je fais la gueule bien sûr) et qu’il voit que je n’ai que 3 colliers autour du coup (on nous met un collier à chaque début de tour) !!!
Le 4ème tour va être assez galère et là crois moi Bruno tu m’as aidé à « ma manière » quand je t’imaginais près de moi me disant « allez pascal, tiens toi plus vers l’avant, grandi toi ».
Vers le 16ème kilo j’ai les quadriceps qui sont dur (j’en peu plus) et le dos explosé (des douleurs lombaires). Je profite du dernier ravitaillement pour m’arrêter 30sec ou 1min et je repars.
Ce dernier tour se fera exclusivement au mental (et dieu sais que c’est pas mon truc le mental) avec pour objectif « terminer ».
Je termine en 6h18min32s et j’ai même du mal à m’assoir après le passage de la ligne. Il me faudra 10-15 minutes pour de nouveau marcher sans avoir cette sensation de cuisses dures.
A ce moment précis j’exclus totalement l’idée de faire un jour un IronMan. ![]()
Au bout d’une ½ heure, la satisfaction de l’avoir fait prend le dessus et je réenvisage à nouveau de faire un jour un IronMan … à suivre ![]()
Dimanche 31 octobre : c’est le jour J !! Dans quelques heures, je serai au départ de la classique internationale Marseille-Cassis avec mon pote Stéphane! Au menu, 20,308km sur un parcours au profil atypique : les 10 premiers km se font en montée jusqu’au sommet du col de la Gineste qui culmine à 327m. Ensuite, 10 km de descente vers le port de Cassis, agrémentés de quelques raidillons.

Un cadre magnifique, des paysages somptueux, une ambiance chaleureuse : voilà ce qui nous est promis depuis notre inscription il y a huit mois !
Seulement voilà, depuis notre arrivée à Marseille la veille, la pluie se déchaîne. A tel point que le match de championnat opposant l’OM au Stade Rennais auquel nous devions assister, a été annulé, évènement rarissime dans ce coin de la France. Et ce matin, quand le réveil sonne à 6h30, l’affaire ne s’est pas arrangée et il pleut toujours. Cela n’entrave pas ma bonne humeur et ma détermination. L’entraînement a été régulier, à raison de trois séances sur chacune des 5 dernières semaines, et la forme est au rendez-vous. A 7h30 nous quittons l’appartement de Ben, notre hôte et ami régional. Direction le stade Vélodrome. Le départ n’a lieu que 2 heures plus tard mais il nous faut nous rendre sur place assez tôt pour déposer nos changes pour l’arrivée. Les couloirs du métro sont remplis de coureurs. Les discussions, le plus souvent au sujet des conditions climatiques, vont bon train. Après une demie heure de trajet, nous arrivons sur place. Nous repérons nos camions vestiaires et nous y laissons nos affaires. Non sans difficulté : les bénévoles étant un peu débordés et les participants particulièrement indisciplinés. Ensuite, alors que de nombreux concurrents ont préféré se mettre à l’abri sous les tribunes du Vélodrome, nous décidons de nous placer sur la ligne de départ où environ 4 à 5000 coureurs sont déjà massés. Il est 8h30… Stef a eu la très bonne idée d’apporter des sacs poubelles pour nous éviter de prendre froid avant le départ. Mais aujourd’hui ce n’est pas du froid qu’ils nous protègent mais de la pluie qui n’est toujours pas décidée à cesser. Au contraire, le ciel s’obscurcit toujours et le brouillard recouvre maintenant le sommet de la Gineste que nous ne discernons plus vraiment ! Malgré ces conditions peu réjouissantes, l’heure d’attente avant la course passe rapidement en discutant. Plus le départ approche et plus l’excitation monte. Dans ma tête, j’essaye de penser à la façon de gérer ma course. Mon objectif est de rallier l’arrivée en 1h40. Pour y parvenir, je sais que je vais devoir gérer mon effort dans la première partie de course en ne partant pas trop vite, d’autant que je vais démarrer à froid. Mais plus le temps de tergiverser, le départ est imminent maintenant ! Il est 9h30, le starter retentit et c’est parti pour les 13500 participants de l’édition 2010 !

Le départ se fait sur un grand boulevard, très large. Cela permet à chacun de trouver rapidement son rythme. Après environ 500m de course, Stef m’a déjà lâché. Je n’essaye même pas de le suivre car je sais qu’il finira loin devant moi. Bonne course à toi l’ami ! Personnellement, je rentre dans ma bulle. Je me concentre en essayant d’appliquer les conseils reçus lors des entraînements. J’essaye d’avoir la foulée la plus efficace possible en relâchant le haut de mon corps, en plaçant les épaules en avant et les bras le long du corps. Ce n’est pas facile car ce n’est pas ma position naturelle de course, mais je m’attache à bien le faire. Mon autre préoccupation concerne mon cardio que j’utilise pour la première fois en compétition. Les premières indications que je relève ne me rassurent pas car je suis déjà haut dans les pulses. Certes, nous sommes sur du faux plat montant mais je n’arrive pas à rester dans la zone que je m’étais fixé. J’essaye de réajuster cela en levant un peu le pied mais rien n’y fait : ma FC reste constamment aux alentours des 170/175 bpm. C’est trop élevé et cela m’obsède : je regarde mon cardio toutes les 20s. Si bien que je rate les premières indications kilométriques ! En effet, le premier panneau que je vois est celui des 3kms : je l’atteins en pratiquement 18 minutes… Mon rythme n’est donc pas très élevé. Je me détends alors un peu, espaçant mes coups d’œil sur le cadran de mon cardio. Nous avons quitté Marseille désormais et nous attaquons la montée de la Gineste. Pour l’instant, la pente reste douce. Nous croisons une première fois l’hélicoptère de France 3 qui retransmet la course en direct. Les conditions sont toujours aussi mauvaises. A présent, je parviens à accélérer légèrement en conservant la même FC. Les kilomètres 4, 5 et 6 sont avalés tranquillement. Après le 1er ravitaillement, nous rentrons dans le vif du sujet. La côte est désormais plus raide. Les 4 derniers kilomètres nous séparant du haut du col ont en effet chacun un dénivelé de 50m. Je commence à concéder du temps en essayant de rester à une FC constante. Psychologiquement c’est dur car j’ai l’impression que je pourrais accélérer un peu mais je veux en garder pour la suite du parcours. L’arrivée est encore si loin et je ne maîtrise pas cette distance que je cours uniquement pour la 3ème fois… Finalement je ne souffre pas trop dans cette ascension et je décide même d’accélérer un peu dans les derniers hectomètres. Je viens de parcourir les 10,3 premiers kilomètres en un peu plus de… 57 minutes !!! Panique à bord : je savais que j’avais concédé du temps, mais pas à ce point là. Je viens de prendre un grand coup derrière la tête. Mon objectif initial s’envole comme mes illusions, d’autant que le vent se mêle à la partie au sommet du col. Le temps d’attraper une bouteille au ravitaillement et d’absorber un gel et je me ressaisi. De toute façon, il va bien falloir terminer cette course, et avec le moins de regrets possible. Je ne me suis pas autant préparé pour tout lâcher maintenant ! Ma stratégie se résume désormais simplement : plus de calculs et du plaisir. C’est le moment de voir ce qu’il me reste dans les jambes après cette ascension « contrôlée ». A l’attaque ! J’accélère assez franchement la cadence en m’accrochant à un petit groupe qui vient de me doubler. Je reste toutefois un peu sur la réserve car j’ai repéré qu’un faux plat nous attendait après le 1er kilomètre de descente. J’ai retrouvé un rythme légèrement inférieur aux 5’/km. C’est ainsi que je passe les kilomètres 11 et 12. Mon rythme cardiaque s’est un peu accéléré mais pas emballé. Je parviens à relancer. Nous sommes maintenant en pleine descente. La pluie me cingle le visage, mes chaussures et mon short sont gorgés d’eau mais cela ne m’arrête pas.

Au contraire ! Je me sens bien et j’attaque. Je profite au maximum de cette descente en n’arrêtant pas de doubler. Je ne regarde plus que très rarement mon chrono mais je sens que je suis sur des bases plus élevées. Et si je revenais sur mon objectif ??? Non, ce n’est pas possible, j’ai accumulé trop de retard… De toute façon, je ne dois pas penser à ça et rester concentré sur ma foulée. Je continue de dérouler ! Aux alentours du 16ème kilomètre, je commence à sentir le poids des efforts consentis. La descente n’est pas un exercice si facile qu’il parait, surtout quand la pente est assez forte. Mes cuisses commencent à souffrir pour la simple et bonne raison que je m’écrase de plus en plus sur chacune de mes foulées. La bonne nouvelle, c’est que je suis encore suffisamment lucide pour m’en apercevoir. L’autre bonne nouvelle c’est que le chrono n’est plus si mauvais que ça puisque je reviens fort sur mon objectif. Tout cela me pousse à me bagarrer davantage. Nous abordons alors le 17ème km : c’est l’entrée dans Cassis ! J’ai réussi ma descente et il me faut maintenant tenir jusqu’au bout. La première côte dès l’entrée dans la ville me fait mal et me coupe les jambes. Je franchis cette petite difficulté sans trop de dégâts mais je ne parviens pas à relancer immédiatement. Je me stabilise jusqu’à apercevoir le ballon d’1h45 passé le 18ème km. Je suis déçu de ne rattraper les meneurs d’allure qu’à ce stade de la course mais en regardant ma montre, je m’aperçois qu’ils sont un peu en avance. Ca me redonne un coup de fouet et je les dépasse : plus que 1500m ! Oui mais voilà, il reste la fameuse « montée des pompiers ». Longue d’environ 300m, elle fait très mal aux jambes. Tout le monde marque un coup d’arrêt. C’est dur mais ça passe. Derniers virages pour redescendre vers le port. Les routes sont inondées, impossible d’éviter le filet d’eau de 5cm qui ruisselle. De toute façon, je ne suis plus à ça près. Me voilà sur le port, plus que 2 virages. Je donne tout ce qu’il me reste.
Voilà c’est fini ! Mon chrono indique 1h41’02 de course ! Inimaginable en haut de la Gineste. Je viens de faire les 10 derniers km en moins de 44’, chose que je n’avais jamais réalisée auparavant. Certes c’était en descente mais je ne pensais pas être à pareille fête ! Je suis cuit mais content de ma perf. Certes je ressens un peu de déception, me disant que j’aurais pu aller plus vite dans la montée, mais quelle aurait été ma forme dans la descente ? Et puis pour cette édition, les conditions étaient clairement défavorables à tel point que le vainqueur termine à plus de 2 minutes du record de l’épreuve. J’entends même dire qu’il est tombé près de 100mm de pluie depuis le départ…
Après près de ¾ d’h d’attente sous la pluie, je récupère mes affaires. Je retrouve ensuite Stéphane, déjà changé, qui m’attend abrité sous la devanture d’une pizzeria. Nous échangeons nos temps et nos premières impressions. Lui a mis 1h35’21 pour terminer et est aussi content de sa course. C’est une très jolie perf ! J’enfile quelques vêtements secs mais cela est bien inutile. La pluie redouble d’intensité, les rues sont inondées (certaines bouche d’égouts sont soulevées) et il faut remonter tout en haut de Cassis (soit environ 3km) pour récupérer la navette. Peu importe, nous sommes contents d’être allés au bout de notre effort. Le voyage retour jusqu’au Vélodrome s’effectue dans le calme. A la descente du car, une dernière péripétie nous attend : nos tickets de métro sont trempés et ne passe pas dans la machine. Idem pour le billet de 5 euros qui ne passe pas dans le distributeur… Et comme par hasard un contrôleur est présent… Pas de guichets d’ouverts non plus… Tant pis, nous rentrerons à pied. 40 minutes sous la pluie pour finir ! Je crois qu’on a bien mérité notre diplôme…

…tout comme l’apéro d’ailleurs !!! Nous retrouvons plusieurs amis de Ben chez lui. Certains ont couru, d’autres encouragés. Nous échangeons nos impressions au tour d’un bon pastis ! Place à la détente et à la récupération maintenant. Et si on remettait ça l’an prochain ![]()
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